Les marchés à l’heure du commerce responsable

27 décembre 2018

Les marchés à l'heure du commerce responsable

Les marchés à l’heure du commerce responsable

jeudi 27 décembre 2018

Au-delà de leur seule dimension marchande, les marchés créent du lien social, valorisent les
productions locales et favorisent une consommation de proximité éco-responsable. Trois
atouts majeurs qui font leur réussite.
« Si on mettait bout à bout tous nos étals déballés chaque jour, on
formerait un linéaire de plus de 1000 kms, soit l’équivalent de la distance
entre Lille et Perpignan ! », sourit Monique Rubin, la pétillante
Présidente de la Fédération nationale des marchés de France. Elle même
commerçante, elle vend des chapeaux sur les marchés de
la Drôme et en Ardèche. Des étals relieraient Lille à Perpignan.
L’image est saisissante et illustre bien le poids de cette forme de
commerce non sédentaire, encore trop méconnue, qui regroupe
pourtant près de 150 000 entreprises, pèse 4,7 milliards d’euros et
emploie plus de 50 000 personnes.Monique Rubin
Plébiscités par les consommateurs, les marchés ont le vent en
poupe. On y va surtout pour y trouver des produits de qualité,
authentiques et issus de la production locale, du terroir. Ainsi, les
fruits et légumes et les produits laitiers sont parmi les plus recherchés
sur les étals. D’ailleurs, un tiers des commerçants présents sur les
marchés de plein vent sont des détaillants en fruits et légumes. Les
bouchers, charcutiers et rôtisseries représentent quant à eux 18 %
de l’ensemble des commerçants, tandis que les spécialistes de la
vente de produits laitiers (crémiers, fromagers…), les poissonniers
et les traiteurs avoisinent respectivement les 12 %.
C’est ce qui ressort du rapport réalisé par le cabinet Obea en
septembre 2016. Intitulé « Profil socio-économique du commerce
de détail alimentaire sur marchés de plein vent », l’étude explore
le périmètre du commerce de détail des fruits et légumes, épicerie
et produits laitiers. Principale attraction des marchés, la fréquentation
des commerces alimentaires obéit cependant à la saisonnalité
des productions. Ce qui peut avoir un impact sur la fréquence
de la présence des marchands. « C’est le cas pour plus du quart des
commerçants, ceux dont les produits sont plus « saisonniers » : fruits,
légumes et coquillages, a contrario des produits laitiers, de la viande et
de ses dérivés », soulignent ainsi les auteurs du rapport.
« L’offre alimentaire des marchés connaît, en effet, un vrai succès !
Plus de 17 % de la production nationale en fruits et légumes est vendue
par nos commerçants. Les gens viennent faire leurs achats alimentaires
sur les marchés car ils y trouvent des produits de qualité,
de saison, respectueux des rythmes de la nature et donc éco-responsables.
On ne vend pas n’importe quoi à n’importe quel moment
de l’année ! Quand c’est la période des fraises, on trouve des fraises ;
mais pas après ni avant. Nos clients peuvent aussi rencontrer des
producteurs sur place, obtenir des conseils de préparation, échanger
avec les commerçants… », explique Monique Rubin. Des produits
de saison, principalement issus de la production locale : le
bénéfice pour l’environnement est évident. Pas de produits
importés du bout du monde hors saison, pas de transports polluants
et coûteux en énergie, une empreinte carbone préservée.
« Cette philosophie est la marque de fabrique de nos marchés. On a un
modèle économique qui correspond parfaitement dans les principes
de la consommation responsable », analyse la Présidente de la Fédération
nationale des marchés de France.
En période normale d’activité, selon l’étude Obea, 82 % des commerçants
sont présents plus de 4 jours par semaine sur les marchés.
Le travail semble incontournable le samedi, à l’inverse, seuls 16 %
sont présents le lundi (peu de marchés ayant lieu ce jour-là). « Mais
nous avons des pics d’activité importants, surtout quand il fait beau,
que le soleil est au rendez-vous. Savez-vous, par exemple, que 60 %
des touristes qui arrivent sur le lieu de vacances se rendent sur le marché
local ? C’est un besoin impératif pour eux, une manière d’entrer en
contact avec le territoire, de découvrir leur destination de manière originale
», s’enthousiasme Monique Rubin.
En période basse, nous disent les experts d’Obea, ils réduisent
généralement leur présence pour passer de 4,8 jours en moyenne
à 4 jours par semaine (la période basse dure en moyenne 3 mois, et
pour les fruits et légumes elle correspond souvent aux mois d’hiver).
En période haute en revanche, leur temps de présence passe
de 4,8 jours à 5,1 jours par semaine (3 mois et demi de période
haute en moyenne).
Un e saisonnalité qui respecte l’environnement
Monique RUBIN, Présidente de la Fédération nationale
des marchés de France

 

 

par Nasser NEGROUCHE

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